Les attaques elles-mêmes
Comment on entre chez vous, huit scénarios concrets, et les dix domaines à passer en revue dans votre entreprise. C'est le contenu de cette page.
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Les cyberattaques ne visent pas que les grands groupes. Les petites structures sont même des cibles privilégiées : elles disposent de données et de trésorerie, mais rarement de défenses. Voici ce qui arrive concrètement, et ce qu'il faut passer en revue chez vous.
Trois volets
Une cyberattaque produit trois ordres de conséquences, qu'il faut regarder séparément. Cette page traite du premier ; les deux autres font l'objet de pages dédiées.
Comment on entre chez vous, huit scénarios concrets, et les dix domaines à passer en revue dans votre entreprise. C'est le contenu de cette page.
Ce qui arrive vraiment après un rançongiciel : clients, fournisseurs, salariés, trésorerie — et le patrimoine personnel du dirigeant selon la forme juridique.
Voir les conséquences →Obligations RGPD et CNIL, actions des personnes concernées, et recours possible de votre client ou de son assureur si l'attaque a rebondi chez lui.
Voir le risque juridique →Faux site à votre nom, dropshipping frauduleux, avis Google détruits par des clients que vous n'avez jamais eus. Un risque spécifique aux commerçants.
Voir le risque boutique →La réalité du terrain
La majorité des attaques ne sont pas ciblées. Les attaquants ratissent en masse, à la recherche d'une porte ouverte : un accès distant sans double authentification, un logiciel non mis à jour, une messagerie mal protégée. Votre entreprise n'a pas besoin d'être intéressante pour être touchée, elle a juste besoin d'être accessible.
La différence entre une grande entreprise et une TPE ne se joue pas sur la probabilité d'être attaquée, mais sur la capacité à encaisser. Un grand groupe a des équipes, des sauvegardes testées et une assurance. Une TPE de cinq salariés qui perd son fichier clients, sa comptabilité et ses devis un lundi matin peut ne jamais s'en relever.
Trois portes d'entrée expliquent l'essentiel des attaques réussies contre les petites structures : la messagerie (un message piégé ouvert par un salarié), les accès distants (télétravail, maintenance, VPN sans double authentification) et les logiciels non mis à jour (serveur, site web, pare-feu, NAS).
Les huit scénarios
Chaque scénario est décrit par ce qui se passe, puis par ce que ça coûte réellement à l'entreprise. Le coût n'est presque jamais informatique : il est commercial, humain et juridique.
Rançongiciel
Un programme malveillant chiffre l'ensemble des documents de l'entreprise — comptabilité, devis, plans, fichier clients — puis réclame une rançon. Il arrive par pièce jointe, par un accès distant mal protégé ou par une faille non corrigée. Les sauvegardes branchées en permanence sont chiffrées en même temps.
Fraude au virement
Un courriel annonce un changement de coordonnées bancaires d'un fournisseur habituel, ou un « dirigeant » demande un virement urgent et confidentiel. Le message est crédible parce que l'attaquant a lu vos échanges après avoir compromis une boîte mail — la vôtre ou celle du fournisseur.
Hameçonnage
Un courriel ou un SMS imite la banque, l'URSSAF, les impôts, un transporteur ou votre propre outil de messagerie. Le lien mène à une copie fidèle de la page de connexion. Les identifiants saisis partent directement chez l'attaquant, qui s'en sert dans les minutes qui suivent.
Compte compromis
Une fois un compte professionnel piraté, l'attaquant reste discret : il crée une règle de redirection invisible, lit les échanges pendant des semaines, apprend le vocabulaire de l'entreprise, puis frappe au bon moment. Vos clients reçoivent des messages qui viennent réellement de votre adresse.
Fuite de données
Fichier clients, dossiers du personnel, coordonnées bancaires, données de santé pour certains métiers. La fuite provient d'un vol, d'un partage mal configuré ou d'un espace de stockage en ligne laissé accessible sans mot de passe.
Faux support
Un écran se bloque avec une alerte et un numéro à appeler, ou un appel annonce un problème sur votre poste. Le « technicien » fait installer un outil de prise en main à distance, puis facture une intervention inutile — ou installe un accès permanent qu'il revendra.
Prestataire
Votre prestataire informatique, votre expert-comptable, votre éditeur de logiciel métier ou votre agence web disposent d'accès à vos systèmes. S'ils sont compromis, l'attaquant hérite de ces accès — souvent des accès privilégiés, permanents et peu surveillés.
Indisponibilité
Panne d'un service en ligne dont dépend l'activité, attaque par saturation du site de commande, ou perte d'un serveur sans plan de reprise. Beaucoup d'entreprises découvrent à ce moment-là qu'elles ne savent pas travailler sans leur outil principal.
La revue de fond
Cette grille est celle qu'utilisent les professionnels pour faire l'état des lieux d'une entreprise. Elle est ici traduite en questions simples, que tout dirigeant peut poser à son prestataire informatique ou à son responsable interne. Si une réponse est « je ne sais pas », c'est déjà un résultat utile.
Sans règles écrites, chacun improvise. Il ne s'agit pas de produire un classeur de procédures, mais de savoir qui décide et qui fait quoi.
C'est le premier domaine à traiter : la quasi-totalité des attaques passe par un compte légitime détourné.
C'est le domaine le plus important pour la survie de l'entreprise. Une sauvegarde jamais testée n'est pas une sauvegarde.
Le facteur humain n'est pas le maillon faible : c'est le premier système de détection de l'entreprise, à condition de le traiter comme tel.
Traitez les victimes d'hameçonnage comme des détecteurs, pas comme des coupables. Une entreprise où l'on ose signaler une erreur découvre les attaques en quelques minutes. Une entreprise où l'on a peur les découvre trois semaines plus tard.
Trois angles
Une entreprise bien équipée mais mal organisée reste vulnérable, et une entreprise bien organisée dont personne n'est sensibilisé aussi. L'un sans les autres donne une image tronquée.
Angle technique
Angle organisationnel
Angle humain
Ce que dit la loi
Beaucoup de dirigeants pensent que la réglementation ne concerne que les grandes entreprises. C'est faux pour la protection des données, et partiellement faux pour le reste.
Dès lors que vous détenez des données personnelles — clients, salariés, prospects — vous êtes concerné, quelle que soit votre taille. En cas de violation de données présentant un risque pour les personnes, la notification à la CNIL doit intervenir sous 72 heures, et les personnes concernées doivent être informées si le risque est élevé.
Cette réglementation européenne impose à des milliers d'entités des mesures minimales : politique de sécurité, analyse de risques, gestion des incidents, continuité d'activité, sécurité de la chaîne d'approvisionnement, formation à l'hygiène cyber, chiffrement, contrôle d'accès et authentification à plusieurs facteurs.
Même si votre entreprise n'est pas directement assujettie, elle peut l'être indirectement : vos clients concernés par NIS 2 devront s'assurer de la sécurité de leurs fournisseurs. Attendez-vous à recevoir des questionnaires de sécurité, et à ce qu'ils deviennent un critère de sélection.
Le détail du risque juridique fait l'objet d'une page dédiée →
Cette page présente les grands principes à titre d'information générale. Elle ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation précise, référez-vous aux textes officiels et, si nécessaire, à un conseil qualifié.