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Les métiers de la cybersécurité
Vingt-quatre métiers passés en revue, sans langue de bois : ce qu'on y fait vraiment, ce qu'on y gagne en débutant, ce qu'il faut savoir pour y entrer, où l'on peut aller ensuite, et comment l'intelligence artificielle va transformer chacun d'eux. Pour les jeunes en orientation comme pour les adultes en reconversion.
La cybersécurité n'est pas un métier, c'est une famille de métiers très différents les uns des autres. On peut y entrer en venant de l'informatique, mais aussi du droit, de l'audit, de la qualité, de l'automatisme, de la gendarmerie ou de la formation. Tous ne demandent pas d'être un virtuose technique, et certains des postes les plus demandés sont ceux dont personne ne parle.
Cette page se veut honnête, y compris quand c'est désagréable : quand un métier est saturé à l'entrée, nous le disons ; quand une fonction risque d'être largement automatisée, nous le disons aussi. L'objectif n'est pas de vendre un secteur, mais de vous permettre de choisir en connaissance de cause.
Comment lire les rémunérations indiquées
Les montants sont exprimés en brut annuel, pour un premier poste, hors Île-de-France. Comptez généralement 10 à 15 % de plus en région parisienne, et une variabilité importante selon la taille de l'entreprise, le secteur et votre diplôme. Ce sont des ordres de grandeur destinés à situer les métiers entre eux, pas des barèmes. Ils reflètent l'état du marché tel que nous l'observons ; vérifiez-les avec les enquêtes de rémunération publiées chaque année par les cabinets de recrutement spécialisés.
Un outil complémentaire : la matrice de compétences
Le Campus Cyber publie un référentiel qui décrit, pour 24 métiers, le niveau attendu sur 33 compétences précises, de 0 à 4. C'est le document le plus rigoureux disponible pour savoir ce qu'un métier exige réellement — et pour mesurer l'écart avec votre profil actuel. Chaque fiche ci-dessous renvoie vers le profil correspondant.
Trois vérités qui vous feront gagner du temps
- Les bases systèmes et réseaux sont non négociables. C'est le premier motif d'échec en entretien, tous métiers confondus. On ne sécurise pas ce qu'on ne comprend pas.
- Le pentest n'est pas la voie royale. C'est le métier le plus demandé par les candidats, donc le plus difficile à obtenir en premier poste. D'autres fonctions recrutent davantage, paient mieux et mènent plus loin.
- Savoir écrire est un avantage compétitif considérable. Rapport d'audit, note à la direction, compte rendu d'incident : la plupart des métiers reposent sur un livrable écrit, et peu de candidats en sont capables.
Sommaire
Vingt-quatre métiers, cinq familles
Cliquez sur un métier pour y accéder directement, ou parcourez les familles dans l'ordre.
2 métiers
Offensif et investigation
6 métiers
Ingénierie et architecture
8 métiers
Gouvernance, conseil et pilotage
3 métiers
Domaines spécialisés
5 métiers
Défense et détection
Les métiers de la ligne de front : détecter, analyser, comprendre et repousser les attaques. C'est la famille la plus ouverte aux débutants.
01Analyste SOC
La porte d'entrée la plus fréquente dans le métier
L'analyste SOC (Security Operations Center) surveille en continu les alertes remontées par les outils de détection de l'entreprise : postes de travail, serveurs, pare-feux, messagerie, services cloud. Son travail consiste à trier un flux d'alertes largement composé de faux positifs, à qualifier ce qui mérite attention, puis à escalader ou traiter les incidents réels. On distingue généralement trois niveaux : le N1 qui trie et qualifie, le N2 qui investigue, le N3 qui traite les cas complexes et améliore les règles de détection. Le poste s'exerce souvent en horaires décalés ou en 24/7 chez les prestataires, ce qui est le principal facteur d'usure du métier.
Face à l'intelligence artificielle
Métier en transformation profonde, mais pas menacé. L'IA absorbe déjà une grande partie du tri de niveau 1 : corrélation d'alertes, enrichissement automatique, rédaction des premiers éléments d'analyse. Les postes de N1 purement répétitifs vont se raréfier. En revanche, la demande se déplace vers des profils capables de superviser ces automatismes, de comprendre pourquoi un modèle s'est trompé et de traiter ce qu'il ne voit pas. Le conseil concret : n'entrez pas dans ce métier en visant le N1 comme destination, mais comme tremplin de dix-huit à trente-six mois.
Rémunération de départ
32 000 à 40 000 € en début de carrière, avec une prime significative pour les horaires décalés et les astreintes, qui peut représenter 10 à 20 % de plus. En Île-de-France, comptez 5 000 à 8 000 € de plus. C'est l'un des salaires d'entrée les plus modestes du secteur, mais aussi l'un des postes les plus accessibles sans expérience préalable.
Perspectives d'évolution
Progression naturelle vers le N2 puis le N3 en deux à quatre ans, avec un salaire qui atteint fréquemment 45 000 à 55 000 €. Ensuite, les bifurcations sont nombreuses : réponse à incident, threat hunting, renseignement sur la menace, ingénierie de détection, ou encadrement d'équipe SOC. C'est le métier qui ouvre le plus de portes, précisément parce qu'il expose à une grande diversité de situations réelles.
Compétences à acquérir
Solides bases en systèmes et réseaux — c'est le prérequis absolu, et c'est là que la plupart des candidats pèchent. Compréhension des protocoles, de l'annuaire d'entreprise, des journaux d'événements Windows et Linux. Maîtrise d'un SIEM et du langage de requête associé. Connaissance du référentiel MITRE ATT&CK. Anglais technique en lecture. Côté certifications, les parcours d'entrée reconnus sont le CompTIA Security+, les certifications Blue Team, ou les cursus universitaires spécialisés. Une aptitude à la rigueur méthodique compte davantage que la virtuosité technique.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Opérateur analyste SOC » du référentiel Campus Cyber.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 4, expert
- Superviser la sécurité du SI — niveau 4, expert
- Analyser les flux réseaux — niveau 4, expert
- Mettre en place, analyser et corréler les journaux — niveau 4, expert
- Automatiser les outils SSI — niveau 4, expert
- Réaliser des audits techniques de sécurité — niveau 3, confirmé
- Réaliser une rétro-ingénierie — niveau 3, confirmé
- Analyser le SI après incident — niveau 3, confirmé
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 3, confirmé
- Gérer les situations stressantes — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Rédiger les documents externes et internes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché très ouvert. C'est le poste le plus fréquemment publié en cybersécurité, porté par les prestataires de services managés (MSSP) qui recrutent en continu. Les débouchés existent en région, pas seulement en Île-de-France. Le nombre de postes va probablement se stabiliser plutôt que croître, du fait de l'automatisation, mais le renouvellement reste fort en raison du turnover important sur ces fonctions.
02Expert réponse à incident / Forensic
Ceux qu'on appelle quand tout est déjà en feu
L'expert en réponse à incident intervient quand l'attaque a réussi. Sa mission : comprendre ce qui s'est passé, jusqu'où l'attaquant est allé, ce qu'il a emporté, et par où il est entré — puis aider à l'expulser et à remettre le système sur pied sans réintroduire la compromission. Le volet forensic couvre l'analyse technique des traces : mémoire vive, disques, journaux, artefacts système, avec une exigence de rigueur qui permet, le cas échéant, d'utiliser les constats en justice. C'est un métier de pression : les journées sont longues, les décisions engagent l'activité de l'entreprise, et le client est en état de crise. Ceux qui l'exercent y trouvent une intensité qu'aucun autre poste ne procure.
Face à l'intelligence artificielle
Métier très solide, difficilement automatisable. L'IA accélère considérablement le tri des volumes de données et la construction de la chronologie, ce qui est un gain réel. Mais l'interprétation, la formulation d'hypothèses d'attaque et la conduite d'une investigation sous incertitude restent profondément humaines. Le contexte joue en faveur du métier : les attaques par rançongiciel ne faiblissent pas et les obligations de notification se multiplient.
Rémunération de départ
38 000 à 48 000 € pour un profil junior, généralement recruté après un passage par le SOC plutôt qu'en sortie d'études directe. Les astreintes et les interventions d'urgence sont valorisées. C'est l'un des métiers techniques où la progression salariale est la plus rapide : 55 000 à 70 000 € après quatre ou cinq ans n'a rien d'exceptionnel.
Perspectives d'évolution
Vers la conduite d'investigations majeures, l'encadrement d'équipe de réponse (CERT/CSIRT), l'expertise judiciaire, ou la bascule vers le threat hunting et le renseignement sur la menace. Les profils expérimentés sont très courtisés par les cabinets spécialisés et par les assureurs cyber. Certains créent leur propre structure : la demande dépasse largement l'offre sur ce créneau.
Compétences à acquérir
Connaissance intime du fonctionnement interne des systèmes d'exploitation. Analyse mémoire, systèmes de fichiers, artefacts Windows et Linux, journaux d'annuaire. Compréhension des modes opératoires d'attaque et du référentiel MITRE ATT&CK. Notions juridiques sur la préservation de la preuve. Certifications reconnues : GCFA, GCFE, GCIH (coûteuses mais très valorisées), ou les qualifications ANSSI côté prestataires français (PRIS). Capacité à travailler sous pression et à communiquer avec des dirigeants paniqués.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Pilote technique de réponse à incident » du référentiel Campus Cyber. À consulter également : Responsable du CSIRT.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Analyser les risques cyber — niveau 4, expert
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 4, expert
- Analyser les flux réseaux — niveau 4, expert
- Mettre en place, analyser et corréler les journaux — niveau 4, expert
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 4, expert
- Gérer les situations stressantes — niveau 4, expert
- Adopter une approche innovante — niveau 4, expert
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 4, expert
- Fédérer ses interlocuteurs — niveau 4, expert
- Restituer les avancées des projets — niveau 4, expert
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 4, expert
- Définir l’architecture des systèmes d'information — niveau 3, confirmé
- Sécuriser les réseaux — niveau 3, confirmé
- Sécuriser les systèmes d’exploitation — niveau 3, confirmé
- Superviser la sécurité du SI — niveau 3, confirmé
- Analyser le SI après incident — niveau 3, confirmé
- Intégrer les enjeux métiers — niveau 3, confirmé
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 3, confirmé
- Automatiser les outils SSI — niveau 3, confirmé
- Analyser et synthétiser — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Manager une équipe — niveau 3, confirmé
- Adapter sa communication aux différents interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Rédiger les documents externes et internes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché en tension durable. Le nombre d'incidents majeurs reste élevé, les entreprises sous-traitent massivement cette compétence, et les prestataires qualifiés peinent à recruter. Le durcissement réglementaire — notification sous 72 heures au titre du RGPD, obligations de déclaration d'incident NIS 2 — soutient mécaniquement la demande. Sur dix ans, c'est l'un des métiers les moins exposés au risque de disparition.
03Threat Hunter
Chercher ce que la détection automatique n'a pas vu
Le threat hunter part d'un postulat inconfortable : il y a probablement déjà un attaquant dans le système, et les outils ne l'ont pas vu. Plutôt que d'attendre une alerte, il formule des hypothèses — « si un attaquant avait compromis un compte à privilèges, quelles traces laisserait-il ? » — puis va chercher activement dans les données. C'est une démarche d'enquête proactive, à mi-chemin entre l'analyse SOC et la réponse à incident, qui suppose une excellente connaissance du système d'information normal pour repérer ce qui dévie. Ce n'est jamais un poste de premier emploi : on y vient après plusieurs années de terrain.
Face à l'intelligence artificielle
Métier valorisé par l'IA plutôt que menacé. L'apprentissage automatique est un excellent outil de détection d'anomalies, mais il produit beaucoup de bruit et rate ce qui ressemble à un comportement normal — précisément la spécialité des attaquants avancés. Le hunter travaille de plus en plus avec ces modèles : il les oriente, teste leurs angles morts et interprète leurs signalements. La compétence qui monte est l'aptitude à formuler de bonnes hypothèses, que nul modèle ne remplace.
Rémunération de départ
Pas de véritable poste débutant. À l'entrée sur la fonction, avec trois à cinq ans d'expérience préalable, comptez 45 000 à 58 000 €. Les profils confirmés dépassent régulièrement 70 000 €, particulièrement dans le secteur financier et les grands groupes disposant de leur propre centre de défense.
Perspectives d'évolution
Vers l'ingénierie de détection — concevoir les règles et les scénarios plutôt que de les appliquer —, le pilotage d'un centre de défense, la réponse à incident de haut niveau, ou le renseignement sur la menace. Certains évoluent vers des postes d'architecte de la détection, en charge de la stratégie globale de visibilité de l'entreprise.
Compétences à acquérir
Tout ce qui est demandé à un analyste SOC confirmé, plus une capacité d'analyse statistique des données et une bonne maîtrise du scriptage. Connaissance approfondie du référentiel MITRE ATT&CK, non pas comme catalogue mais comme grille de raisonnement. Familiarité avec les modes opératoires des groupes d'attaquants actifs. Curiosité méthodique et tolérance à l'échec : la plupart des chasses ne trouvent rien, et c'est normal.
Profil de compétences officiel
Ce métier ne figure pas tel quel dans le référentiel Campus Cyber. Le profil le plus proche est « Analyste de la menace cybersécurité ». À consulter également : Pilote technique de réponse à incident.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 4, expert
- Analyser les risques cyber — niveau 3, confirmé
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 3, confirmé
- Analyser et synthétiser — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Rédiger les documents externes et internes — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché de niche, mais très demandeur. Les postes se concentrent dans les grandes organisations et les prestataires haut de gamme. Le nombre d'offres est bien inférieur à celui des postes SOC, mais le rapport de force est nettement plus favorable au candidat. Le développement des attaques discrètes, qui exploitent les outils légitimes du système plutôt que des logiciels malveillants détectables, renforce structurellement le besoin.
04Analyste Cyber Threat Intelligence (CTI)
Comprendre l'adversaire avant qu'il ne frappe
L'analyste CTI collecte, croise et analyse l'information sur les menaces : qui attaque, avec quelles méthodes, contre quels secteurs, avec quelles motivations. Il produit des livrables très différents selon les destinataires : indicateurs techniques pour les équipes de détection, notes d'analyse pour les responsables sécurité, points de situation pour la direction générale. C'est un métier de synthèse et d'écriture autant que de technique, qui emprunte ses méthodes au renseignement classique — sourçage, évaluation de la fiabilité, distinction entre le fait et l'hypothèse. La difficulté principale est de produire du renseignement actionnable et non une revue de presse enrichie.
Face à l'intelligence artificielle
Métier bousculé, mais dont le cœur résiste. L'IA générative excelle à résumer, traduire et classer des volumes de sources : la partie collecte et première synthèse est largement automatisable, et elle l'est déjà. Ce qui reste humain : l'évaluation de la fiabilité d'une source, l'attribution — exercice éminemment délicat —, et surtout la capacité à répondre à la seule question qui compte pour un dirigeant : « et pour nous, ça change quoi ? ». Attention toutefois : la production de contenu de faible valeur est en train d'être commoditisée.
Rémunération de départ
35 000 à 45 000 € pour un débutant. La fourchette est large car les profils sont hétérogènes : certains viennent de la technique, d'autres des relations internationales ou du renseignement. Les profils bilingues, notamment russophones ou sinophones, sont significativement mieux valorisés.
Perspectives d'évolution
Vers l'analyse stratégique auprès des directions, le pilotage d'une cellule de renseignement, la spécialisation sectorielle — finance, santé, industrie —, ou la bascule vers le threat hunting et la réponse à incident. Les passerelles vers les métiers de l'analyse de risque et vers les fonctions publiques de renseignement existent également.
Compétences à acquérir
Méthodes d'analyse du renseignement : cycle du renseignement, évaluation des sources, raisonnement par hypothèses concurrentes. Maîtrise des cadres de référence sectoriels comme MITRE ATT&CK et le modèle du losange. Techniques de recherche en sources ouvertes. Compréhension technique suffisante pour lire un rapport d'analyse de logiciel malveillant. Anglais courant indispensable, autres langues fortement valorisées. Et une qualité décisive : savoir rédiger court et clair pour un lecteur pressé.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Analyste de la menace cybersécurité » du référentiel Campus Cyber.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 4, expert
- Analyser les risques cyber — niveau 3, confirmé
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 3, confirmé
- Analyser et synthétiser — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Rédiger les documents externes et internes — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché modéré mais en croissance. Historiquement réservé aux grands groupes et aux services de l'État, le renseignement sur la menace se démocratise via les offres mutualisées et les prestataires. Les tensions géopolitiques et la structuration des groupes criminels alimentent durablement le besoin. Le risque à surveiller : une partie de la production analytique de base pourrait être absorbée par l'automatisation dans les cinq prochaines années.
05Expert Malware / Reverse Engineering
Le métier le plus technique de la filière
L'analyste en rétro-ingénierie décortique les programmes malveillants pour comprendre leur fonctionnement : ce qu'ils font, comment ils communiquent, comment ils se cachent, à qui ils peuvent être rattachés. Le travail s'effectue au niveau du code machine, dans des environnements isolés, face à des programmes délibérément conçus pour résister à l'analyse. C'est l'une des spécialités les plus exigeantes intellectuellement de la cybersécurité, et l'une des plus étroites en nombre de postes. Elle sert directement la détection — produire des règles de reconnaissance —, la réponse à incident et l'attribution.
Face à l'intelligence artificielle
Métier durable, avec un contenu qui évolue vite. L'IA aide réellement à la lecture de code décompilé et à l'identification de fonctions connues, ce qui accélère les phases fastidieuses. Mais les attaquants utilisent aussi l'IA pour produire des variantes et des techniques d'obscurcissement plus élaborées : la course se poursuit, à un niveau technique plus élevé. Un champ émergent mérite attention : l'analyse de modèles d'IA malveillants et l'étude des attaques visant les chaînes d'approvisionnement en modèles.
Rémunération de départ
40 000 à 50 000 € à l'entrée, ce qui est élevé pour un premier poste, mais l'entrée est difficile : peu de postes, forte sélectivité technique. Les profils confirmés atteignent 65 000 à 85 000 €, et les meilleurs spécialistes sont rémunérés bien au-delà, notamment chez les éditeurs de solutions de sécurité.
Perspectives d'évolution
Vers la recherche de vulnérabilités, le développement de capacités défensives chez un éditeur, la direction d'une équipe de recherche, ou la publication et la reconnaissance dans la communauté internationale. Passerelle naturelle vers la recherche en sécurité offensive et vers l'analyse de systèmes embarqués.
Compétences à acquérir
Assembleur, architecture des processeurs, fonctionnement interne des systèmes d'exploitation au niveau noyau. Maîtrise des outils de désassemblage et de débogage. Programmation en C et en Python. Compréhension des mécanismes de chiffrement et d'obscurcissement. Certifications : GREM notamment. C'est un métier qui s'apprend surtout par la pratique personnelle : analyses publiées, participation aux communautés, concours techniques. Comptez plusieurs années d'investissement personnel avant d'être employable.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Analyste en rétro-ingénierie » du référentiel Campus Cyber.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Réaliser une rétro-ingénierie — niveau 4, expert
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 4, expert
- Automatiser les outils SSI — niveau 4, expert
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 4, expert
- Choisir et implémenter les protocoles sécurisés — niveau 3, confirmé
- Sécuriser les logiciels — niveau 3, confirmé
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 3, confirmé
- Analyser les flux réseaux — niveau 3, confirmé
- Adopter une approche innovante — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Restituer les avancées des projets — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché étroit mais sans concurrence. Quelques dizaines de postes ouverts par an en France, concentrés chez les éditeurs, les prestataires spécialisés, les services de l'État et quelques grands groupes. La rareté des compétences fait que les candidats crédibles trouvent sans difficulté. Ce n'est pas un métier vers lequel se reconvertir sans appétence forte pour le très bas niveau technique.
2 métiers
Offensif et investigation
Attaquer pour mieux défendre, et chercher l'information là où elle se trouve. Des métiers exigeants, très demandés par les candidats.
06Pentester / Ethical Hacker
Le métier le plus fantasmé, l'un des plus exigeants
Le pentester simule des attaques réelles contre les systèmes, applications et réseaux d'un client pour identifier les failles avant qu'un attaquant ne les exploite. Le quotidien est moins spectaculaire que l'image véhiculée : beaucoup de reconnaissance méthodique, de tests répétitifs et surtout de rédaction de rapports, qui occupe souvent un tiers du temps. Un bon pentester n'est pas celui qui trouve la faille la plus élégante, mais celui qui explique clairement au client ce qu'elle implique pour son activité et comment la corriger. Le métier se décline en spécialités : applications web, mobile, infrastructure interne, réseaux sans fil, Active Directory, ou intrusion physique et sociale.
Face à l'intelligence artificielle
Métier durable, mais dont le contenu se relève. Les outils automatisés et l'IA générative absorbent déjà les tests standardisés et la première passe de reconnaissance. Ce qui reste — et prend de la valeur — c'est la créativité, l'enchaînement de faiblesses individuellement mineures, la compréhension du métier du client, et l'exploitation de logiques applicatives que nul scanner ne comprend. Un secteur nouveau se développe rapidement : le test des systèmes d'IA eux-mêmes, injection de prompt, empoisonnement de données, extraction de modèle.
Rémunération de départ
38 000 à 45 000 € pour un débutant en cabinet, avec une progression rapide si les résultats suivent. Le poste est souvent moins bien payé qu'on ne l'imagine au démarrage, car l'offre de candidats motivés est abondante — c'est le métier vers lequel tout le monde veut aller. Les profils confirmés avec une certification offensive reconnue négocient bien mieux.
Perspectives d'évolution
Vers la spécialisation pointue (Active Directory, cloud, systèmes embarqués), le Red Team qui simule des campagnes d'attaque complètes sur la durée, la recherche de vulnérabilités, ou l'encadrement d'équipe et l'avant-vente en cabinet. Beaucoup basculent après quelques années vers l'architecture ou le conseil, l'exercice du pentest en continu étant fatigant. La chasse aux primes (bug bounty) constitue un complément possible.
Compétences à acquérir
Excellente maîtrise des systèmes, réseaux et protocoles applicatifs. Programmation ou script indispensable, Python en tête. Connaissance du référentiel OWASP, de l'Active Directory, des mécanismes d'authentification. Certifications de référence : OSCP (la plus reconnue par les employeurs français, exigeante), OSWE, CRTP, ou les parcours proposés par les plateformes d'entraînement. Le portefeuille compte autant que le diplôme : plateformes d'entraînement, participations à des concours de type CTF, rapports publics de programmes de primes. Et une qualité rarement mentionnée : savoir écrire.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Auditeur de sécurité technique » du référentiel Campus Cyber.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 4, expert
- Définir l’architecture des systèmes d'information — niveau 3, confirmé
- Réaliser des audits techniques de sécurité — niveau 3, confirmé
- Analyser les risques cyber — niveau 3, confirmé
- Mettre en place une politique de cybersécurité — niveau 3, confirmé
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 3, confirmé
- Intégrer les enjeux métiers — niveau 3, confirmé
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 3, confirmé
- Analyser et synthétiser — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Gérer les situations stressantes — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Manager une équipe — niveau 3, confirmé
- Fédérer ses interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Adapter sa communication aux différents interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Rédiger les documents externes et internes — niveau 3, confirmé
- Restituer les avancées des projets — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché tendu à l'entrée, ouvert ensuite. Les postes juniors sont très disputés, avec un rapport candidats/postes défavorable. Les profils confirmés, en revanche, sont recherchés. Le durcissement réglementaire — NIS 2, DORA pour le secteur financier — impose des tests réguliers et soutient structurellement la demande. Le test des systèmes d'IA ouvre un créneau où l'offre de compétences est aujourd'hui très inférieure à la demande.
07OSINT / Investigation numérique
Trouver ce qui est public mais que personne n'a relié
L'analyste en sources ouvertes recherche, croise et exploite l'information publiquement accessible : registres d'entreprises, réseaux sociaux, fuites de données, archives web, données de certificats, empreintes techniques. En cybersécurité, l'OSINT sert d'abord à cartographier la surface d'exposition d'une organisation avant un test d'intrusion, à préparer une campagne d'ingénierie sociale, ou à enquêter sur une fraude, une usurpation ou une fuite. Le métier existe aussi hors cybersécurité — journalisme d'investigation, conformité, lutte contre la fraude, sûreté d'entreprise — ce qui en fait un profil polyvalent.
Face à l'intelligence artificielle
Métier profondément transformé, dans les deux sens. L'IA démultiplie les capacités de collecte, de traduction et de recoupement à grande échelle : ce qui prenait une semaine prend une journée. Mais elle rend aussi la vérification plus critique que jamais, à l'heure où les contenus synthétiques et les faux profils prolifèrent. La compétence qui prend de la valeur n'est plus de trouver l'information, c'est d'établir qu'elle est vraie.
Rémunération de départ
35 000 à 45 000 € à l'entrée, avec une forte variabilité selon le secteur. Les postes en cabinet d'investigation, en sûreté de grand groupe ou en conformité financière rémunèrent généralement mieux que les postes purement techniques. Peu de postes portent explicitement cet intitulé : c'est souvent une compétence intégrée à un autre poste.
Perspectives d'évolution
Vers l'investigation complexe, la lutte contre la fraude, la conformité et la connaissance client renforcée, le renseignement d'entreprise, ou le renseignement sur la menace. Beaucoup exercent en indépendant après quelques années. Le domaine touche à des questions juridiques délicates : la maîtrise du cadre légal devient un facteur de différenciation.
Compétences à acquérir
Méthodologie de recherche et surtout de vérification. Maîtrise des moteurs spécialisés, des registres publics, des techniques d'analyse d'image et de métadonnées. Scriptage pour automatiser la collecte. Connaissance solide du cadre juridique : RGPD, respect de la vie privée, limites de la collecte licite — un OSINT qui ignore le droit est un risque pour son employeur. Rigueur documentaire : toute affirmation doit être traçable.
Profil de compétences officiel
Ce métier ne figure pas tel quel dans le référentiel Campus Cyber. Le profil le plus proche est « Analyste en investigation numérique ».
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Analyser les flux réseaux — niveau 4, expert
- Mettre en place, analyser et corréler les journaux — niveau 4, expert
- Analyser le SI après incident — niveau 4, expert
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 4, expert
- Automatiser les outils SSI — niveau 4, expert
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 4, expert
- Définir l’architecture des systèmes d'information — niveau 3, confirmé
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 3, confirmé
- Réaliser une rétro-ingénierie — niveau 3, confirmé
- Adopter une approche innovante — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Restituer les avancées des projets — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché diffus mais en croissance. Peu d'offres portent ce titre exact, mais la compétence est demandée dans de nombreux postes. Les débouchés se développent en sûreté d'entreprise, en conformité financière, dans les cabinets d'investigation et dans les assurances. La lutte contre la fraude et contre la manipulation de l'information constitue un moteur de croissance durable.
6 métiers
Ingénierie et architecture
Construire les défenses plutôt que les opérer. La famille où la demande dépasse le plus nettement l'offre de candidats.
08Ingénieur sécurité réseau
Le socle sur lequel tout le reste repose
L'ingénieur sécurité réseau conçoit, déploie et maintient les équipements qui filtrent et contrôlent les flux : pare-feux, passerelles d'accès distant, systèmes de détection d'intrusion, segmentation, filtrage web. C'est un métier d'ingénierie concrète, où l'on manipule des configurations, où l'on diagnostique des problèmes réels et où une erreur se voit immédiatement. Longtemps considéré comme le cœur du métier, il évolue avec la disparition du périmètre traditionnel : le réseau d'entreprise se dissout dans le cloud et le télétravail, ce qui déplace le sujet vers les architectures d'accès conditionnel.
Face à l'intelligence artificielle
Métier stable, mais qui doit se réinventer. L'automatisation de la configuration et l'analyse assistée des règles de filtrage réduisent la part de travail manuel. Le risque n'est pas l'IA, c'est l'obsolescence technologique : un ingénieur qui reste sur des compétences purement centrées sur les équipements physiques verra son marché se réduire. Ceux qui embrassent les architectures modernes — accès réseau sans confiance implicite, micro-segmentation, sécurité des accès en périphérie — n'ont aucun souci à se faire.
Rémunération de départ
38 000 à 45 000 € pour un débutant disposant de bases réseau solides. Les certifications constructeurs sont directement valorisées à l'embauche. Les profils confirmés se situent entre 50 000 et 65 000 €, davantage sur les technologies d'accès modernes.
Perspectives d'évolution
Vers l'architecture sécurité, la spécialisation sur les architectures d'accès de nouvelle génération, l'expertise cloud, ou le pilotage d'infrastructure. C'est aussi une excellente base pour basculer vers le SOC côté ingénierie de détection, ou vers la sécurité industrielle où les compétences réseau sont directement transposables.
Compétences à acquérir
Maîtrise réelle des protocoles réseau, du routage et de la commutation — pas une connaissance de surface. Configuration de pare-feux de plusieurs constructeurs. Compréhension des mécanismes de chiffrement des communications. Automatisation par script. Certifications utiles : les parcours réseau constructeurs, puis les certifications sécurité des principaux éditeurs de pare-feux. La compétence cloud est devenue indispensable, même pour un poste à dominante réseau classique.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Administrateur de solutions de sécurité » du référentiel Campus Cyber. À consulter également : Spécialiste sécurité (dans un domaine technique).
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Sécuriser les réseaux — niveau 4, expert
- Sécuriser les systèmes d’exploitation — niveau 4, expert
- Automatiser les outils SSI — niveau 4, expert
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 4, expert
- Choisir et implémenter les protocoles sécurisés — niveau 3, confirmé
- Appliquer les normes & standards de la SSI — niveau 3, confirmé
- Superviser la sécurité du SI — niveau 3, confirmé
- Analyser les flux réseaux — niveau 3, confirmé
- Mettre en place, analyser et corréler les journaux — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché solide et régulier. Toute entreprise d'une certaine taille a besoin de ces compétences, et la demande existe partout en France, pas seulement dans les métropoles. Les besoins sont soutenus par les projets de segmentation imposés par les réglementations et par les assureurs. Une nuance : les postes évoluent vers des profils hybrides réseau-cloud, la spécialisation étroite se raréfie.
09Expert Cloud Security
L'une des compétences les plus recherchées du moment
L'expert en sécurité du cloud sécurise les environnements hébergés chez les grands fournisseurs : configuration des services, gestion des identités et des droits, chiffrement, cloisonnement des environnements, surveillance des configurations. La particularité du domaine est que la majorité des incidents proviennent d'erreurs de configuration, pas de failles techniques : un stockage laissé accessible publiquement, un droit trop large, une clé oubliée dans un dépôt de code. Le métier consiste donc largement à instaurer des garde-fous automatiques et à outiller les équipes de développement pour qu'elles ne puissent pas se tromper.
Face à l'intelligence artificielle
Métier porteur, renforcé par l'IA. D'une part, l'automatisation de l'analyse de configuration progresse et rend le professionnel plus efficace. D'autre part — et c'est le point important — le déploiement massif de charges d'IA se fait dans le cloud, ce qui crée une demande nouvelle : sécuriser les environnements d'entraînement, les modèles, les données et les interfaces d'inférence. La sécurité de l'IA est en train de devenir une spécialité de la sécurité cloud.
Rémunération de départ
42 000 à 50 000 € à l'entrée, l'un des meilleurs niveaux de départ du secteur, du fait de la rareté relative des profils. Les certifications fournisseur sont directement monnayables. Les profils confirmés dépassent fréquemment 65 000 à 80 000 €.
Perspectives d'évolution
Vers l'architecture cloud sécurisée, le DevSecOps, la spécialisation multi-fournisseurs, ou le pilotage de la sécurité d'une plateforme. La bascule vers l'architecture d'entreprise est naturelle. La spécialisation émergente sur la sécurité des systèmes d'IA constitue un pari raisonnable pour les années à venir.
Compétences à acquérir
Maîtrise approfondie d'au moins un grand fournisseur — mieux vaut connaître un environnement en profondeur que trois superficiellement — et notions sur les autres. Gestion fine des identités et des droits, qui est le cœur du sujet. Infrastructure décrite comme du code. Conteneurs et orchestration. Certifications : les parcours sécurité des fournisseurs, et la certification CCSK ou CCSP côté généraliste. Bases de développement indispensables.
Profil de compétences officiel
Ce métier ne figure pas tel quel dans le référentiel Campus Cyber. Le profil le plus proche est « Spécialiste sécurité (dans un domaine technique) ». À consulter également : Intégrateur de solutions de sécurité.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 4, expert
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché très favorable au candidat. La migration vers le cloud est largement engagée dans les entreprises françaises, et les compétences sécurité n'ont pas suivi le rythme. La demande dépasse nettement l'offre, y compris pour des profils de deux à trois ans d'expérience. Facteurs de soutien durable : réglementation sur la souveraineté des données, exigences sectorielles, et déploiement des charges d'IA.
10Expert IAM / gestion des identités et accès
Le métier discret qui décide de tout
L'expert en gestion des identités conçoit et opère les systèmes qui déterminent qui a accès à quoi : annuaires, authentification unique, authentification multifacteur, gestion du cycle de vie des comptes de l'arrivée au départ, revue périodique des droits, gestion des comptes à privilèges. C'est un métier peu spectaculaire mais central : la grande majorité des attaques réussies passent aujourd'hui par un compte légitime détourné, pas par une faille technique. La difficulté est autant organisationnelle que technique : faire accepter des processus de gestion des droits à des directions qui les vivent comme une entrave.
Face à l'intelligence artificielle
Métier durable et en montée en valeur. L'IA apporte l'analyse comportementale et la détection d'anomalies d'accès, ce qui enrichit le domaine. Surtout, un enjeu entièrement nouveau émerge : l'identité des agents autonomes. Quand des systèmes d'IA agissent au nom d'utilisateurs, avec quels droits, sous quelle identité, avec quelle traçabilité ? Personne n'a encore de réponse mature, et ce sera l'un des grands sujets des prochaines années.
Rémunération de départ
38 000 à 45 000 € à l'entrée. Les profils maîtrisant les grandes solutions du marché sont recherchés et se valorisent vite. La spécialisation sur la gestion des comptes à privilèges est particulièrement bien rémunérée : 55 000 à 70 000 € pour un profil confirmé.
Perspectives d'évolution
Vers l'architecture des identités, la spécialisation sur les comptes à privilèges, la gouvernance des accès à l'échelle d'un groupe, ou le pilotage de programmes de transformation. C'est aussi une porte d'entrée vers la gouvernance et la conformité, car la revue des droits est un point d'audit systématique.
Compétences à acquérir
Annuaires d'entreprise, protocoles d'authentification et de fédération. Maîtrise d'au moins une solution majeure de gestion des identités. Compréhension des processus RH, car le cycle de vie des identités commence là. Notions de conformité : la séparation des tâches et la revue des habilitations sont des exigences d'audit. Qualité indispensable : la patience, car ce métier consiste beaucoup à négocier avec des métiers récalcitrants.
Profil de compétences officiel
Ce métier ne figure pas tel quel dans le référentiel Campus Cyber. Le profil le plus proche est « Spécialiste sécurité (dans un domaine technique) ». À consulter également : Administrateur de solutions de sécurité.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 4, expert
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché en forte demande, peu de candidats. C'est un métier moins visible que le pentest, donc moins encombré, alors que le besoin est massif. Les programmes de mise en conformité NIS 2 imposent explicitement l'authentification multifacteur et le contrôle d'accès, ce qui alimente les recrutements. Excellent choix pour une reconversion venant de l'administration système ou de la gestion informatique.
11DevSecOps / Sécurité applicative
Sécuriser sans ralentir les développeurs
Le profil DevSecOps intègre la sécurité dans les chaînes de développement et de déploiement : analyse automatique du code, contrôle des composants tiers, tests de sécurité intégrés, sécurisation des dépôts et des secrets, durcissement des conteneurs. La particularité du métier est qu'il s'exerce au service des équipes de développement, pas contre elles : un dispositif qui ralentit les livraisons sera contourné. Il faut donc autant de pédagogie que de technique. Le volet sécurité applicative couvre aussi la revue de code, la modélisation des menaces et l'accompagnement des développeurs sur les pratiques de codage sûr.
Face à l'intelligence artificielle
Métier fortement porteur, et directement au contact du sujet. L'IA génère aujourd'hui une part croissante du code produit en entreprise, avec des vulnérabilités reproduites à grande échelle : quelqu'un doit contrôler cette production. Par ailleurs, la sécurisation des chaînes d'approvisionnement logicielles — dépendances, modèles, jeux de données — devient un enjeu majeur. Ce métier est probablement l'un des plus solides de la liste sur dix ans.
Rémunération de départ
42 000 à 50 000 € pour un profil junior disposant de vraies compétences de développement. La double compétence développement-sécurité est rare et se paie. Les profils confirmés atteignent 60 000 à 80 000 €.
Perspectives d'évolution
Vers l'architecture de sécurité applicative, le pilotage d'un programme de sécurité produit, la spécialisation sur la sécurité de la chaîne d'approvisionnement logicielle, ou la direction technique. Passerelle naturelle vers la sécurité cloud et vers les fonctions d'architecte.
Compétences à acquérir
Savoir réellement développer : c'est le prérequis qui distingue les bons profils. Maîtrise des chaînes d'intégration et de déploiement continus, des conteneurs et de l'orchestration. Connaissance du référentiel OWASP et des mécanismes de vulnérabilité applicative. Gestion des secrets. Infrastructure décrite comme du code. Et une aptitude relationnelle : convaincre des développeurs suppose de parler leur langue et de respecter leurs contraintes.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Développeur de solutions de sécurité » du référentiel Campus Cyber.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Sécuriser les logiciels — niveau 3, confirmé
- Intégrer les enjeux métiers — niveau 3, confirmé
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché très favorable. Toutes les entreprises qui développent du logiciel cherchent ces profils, et l'offre reste insuffisante. Les exigences réglementaires sur la sécurité de la chaîne d'approvisionnement — notamment le règlement européen sur la cyberrésilience pour les produits comportant du numérique — vont créer une demande supplémentaire importante dans les prochaines années.
12Architecte cybersécurité
Concevoir le système plutôt que le rafistoler
L'architecte cybersécurité conçoit la structure de sécurité des systèmes d'information : découpage en zones, mécanismes d'authentification, stratégie de chiffrement, principes de cloisonnement, choix des solutions structurantes. Il intervient en amont des projets, quand les décisions coûtent encore peu à changer, et arbitre entre les exigences de sécurité, les contraintes métier et les moyens disponibles. C'est un métier de compromis : l'architecture parfaitement sécurisée qui empêche l'entreprise de travailler est un échec professionnel. La difficulté est autant relationnelle que technique — il faut convaincre sans autorité hiérarchique.
Face à l'intelligence artificielle
Métier peu exposé, et enrichi d'un nouveau champ. Concevoir une architecture suppose d'arbitrer entre des contraintes contradictoires en tenant compte du contexte politique et économique d'une organisation : ce n'est pas automatisable. Un domaine entier s'ouvre en revanche : l'architecture des systèmes intégrant de l'IA — cloisonnement des modèles, contrôle des données d'entraînement, maîtrise des agents autonomes. Les architectes qui s'y positionnent maintenant seront très recherchés.
Rémunération de départ
Pas de poste débutant : on devient architecte après cinq à huit ans d'expérience technique. À l'entrée sur la fonction, 55 000 à 70 000 €, et 75 000 à 100 000 € pour un architecte confirmé en grand groupe. C'est l'une des fonctions les mieux rémunérées hors management.
Perspectives d'évolution
Vers l'architecture d'entreprise, la fonction de responsable sécurité, la direction technique, ou le conseil de haut niveau. Certains évoluent vers des rôles de référent transverse dans les grandes organisations, avec une influence considérable sur les choix technologiques.
Compétences à acquérir
Une vision large : réseaux, systèmes, cloud, applications, identités, sans être nécessairement expert de tout. Maîtrise des référentiels d'architecture et des normes — ISO 27001, principes d'architecture sans confiance implicite, guides de l'ANSSI. Capacité à modéliser les menaces et à évaluer les risques. Compétences de communication et de conviction déterminantes : un architecte passe l'essentiel de son temps à expliquer et à négocier. Anglais courant.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Architecte sécurité » du référentiel Campus Cyber.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Définir l’architecture des systèmes d'information — niveau 4, expert
- Intégrer les enjeux métiers — niveau 4, expert
- Sécuriser les réseaux — niveau 3, confirmé
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 3, confirmé
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché tendu, très favorable aux candidats. Les architectes expérimentés sont rares car la fonction suppose un long parcours préalable. Les entreprises peinent à recruter et débauchent volontiers. La complexification des systèmes — cloud multiple, télétravail, IA, obligations réglementaires — renforce durablement le besoin de vision d'ensemble.
13Expert en gestion des vulnérabilités
Le travail ingrat qui évite la plupart des catastrophes
L'expert en gestion des vulnérabilités organise l'identification, la priorisation et la correction des failles dans le parc de l'entreprise : analyse récurrente, veille sur les publications, évaluation de la criticité réelle dans le contexte de l'organisation, coordination des campagnes de correction avec les équipes opérationnelles. Le cœur du métier n'est pas de trouver les vulnérabilités — les outils s'en chargent — mais de répondre à la question « laquelle traiter en premier ? » face à des dizaines de milliers de signalements, et d'obtenir que les corrections soient effectivement appliquées. C'est un travail de coordination et de persévérance.
Face à l'intelligence artificielle
Métier renforcé par l'IA. La priorisation contextuelle assistée est précisément un domaine où l'apprentissage automatique apporte de la valeur : croiser la criticité théorique, l'exposition réelle, l'existence d'un code d'exploitation actif et l'importance métier de l'actif. Le professionnel supervise et arbitre. Le volume de vulnérabilités publiées continue d'augmenter, et l'IA accélère aussi leur découverte par les attaquants : le besoin de tri intelligent ne fera que croître.
Rémunération de départ
35 000 à 42 000 € à l'entrée. C'est un poste accessible qui constitue une bonne porte d'entrée, souvent moins disputé que le pentest pour un travail qui apporte davantage de valeur réelle à l'entreprise. Progression vers 50 000 à 60 000 € avec l'expérience.
Perspectives d'évolution
Vers le pilotage d'un programme de gestion des vulnérabilités à l'échelle d'un groupe, la gestion de la surface d'exposition externe, le test d'intrusion, ou la gouvernance et l'analyse de risque. La connaissance transversale du parc acquise dans ce poste constitue un atout considérable pour évoluer vers l'architecture.
Compétences à acquérir
Compréhension des systèmes et applications du parc. Maîtrise des outils d'analyse et des systèmes de notation de criticité. Capacité d'automatisation et de production de tableaux de bord. Qualités de coordination et de diplomatie : le métier consiste largement à obtenir des équipes qu'elles corrigent, ce qu'elles n'ont jamais envie de faire. Connaissance des exigences réglementaires en matière de gestion des correctifs.
Profil de compétences officiel
Ce métier ne figure pas tel quel dans le référentiel Campus Cyber. Le profil le plus proche est « Administrateur de solutions de sécurité ». À consulter également : Auditeur de sécurité technique.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Sécuriser les réseaux — niveau 4, expert
- Sécuriser les systèmes d’exploitation — niveau 4, expert
- Automatiser les outils SSI — niveau 4, expert
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 4, expert
- Choisir et implémenter les protocoles sécurisés — niveau 3, confirmé
- Appliquer les normes & standards de la SSI — niveau 3, confirmé
- Superviser la sécurité du SI — niveau 3, confirmé
- Analyser les flux réseaux — niveau 3, confirmé
- Mettre en place, analyser et corréler les journaux — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché régulier et accessible. Toutes les organisations d'une certaine taille ont ce besoin, et les exigences réglementaires — NIS 2 impose explicitement le traitement des vulnérabilités — le rendent obligatoire. Poste souvent négligé par les candidats qui visent des fonctions plus prestigieuses, ce qui en fait une bonne opportunité d'entrée dans le secteur.
8 métiers
Gouvernance, conseil et pilotage
Organiser, décider, arbitrer, convaincre. Des métiers accessibles aux reconversions venant du droit, de l'audit ou de la gestion de projet.
14Consultant cybersécurité
Le métier caméléon, excellent pour se former vite
Le consultant intervient chez des clients variés sur des missions diverses : diagnostic de maturité, accompagnement de mise en conformité, définition de politiques, aide au choix de solutions, pilotage de projets. La grande force du poste pour un débutant est l'exposition à de nombreux contextes en peu de temps : en trois ans, on voit plus de situations qu'en dix ans dans une même entreprise. Sa faiblesse est le risque de rester en surface et de ne jamais vivre les conséquences de ses recommandations. Les cabinets recrutent largement en sortie d'école, ce qui en fait l'une des voies d'entrée les plus ouvertes.
Face à l'intelligence artificielle
Métier fortement bousculé sur son bas de gamme. La production de livrables standardisés — analyses de conformité, politiques types, rapports de synthèse — est largement automatisable et l'est déjà. Le consultant junior dont la valeur ajoutée consistait à mettre en forme des cadres existants va voir son marché se réduire. Ce qui résiste : la compréhension du contexte politique d'une organisation, la conduite du changement, la capacité à faire décider. Un avertissement honnête à qui vise ce métier : visez la relation et l'expertise sectorielle, pas la production documentaire.
Rémunération de départ
38 000 à 45 000 € en cabinet pour un débutant, davantage dans les grands cabinets internationaux. Progression rapide dans les structures de conseil, avec des paliers annuels. Contrepartie : rythme soutenu, déplacements fréquents, et une pression sur la facturabilité qui ne convient pas à tout le monde.
Perspectives d'évolution
Vers la spécialisation — conformité, gestion de crise, secteur d'activité —, la fonction de manager puis d'associé en cabinet, ou la bascule vers l'entreprise sur un poste de responsable sécurité. Cette dernière trajectoire est très fréquente et souvent judicieuse : le conseil forme vite, l'entreprise permet d'aller au bout des sujets.
Compétences à acquérir
Bonne culture générale en sécurité, plus large que profonde. Maîtrise des normes et référentiels : ISO 27001, guides de l'ANSSI, NIS 2, RGPD. Capacités rédactionnelles et orales déterminantes : le livrable et la restitution sont le produit. Gestion de projet. Anglais professionnel. Et une compétence sous-estimée : savoir écouter un client avant de lui proposer une méthode.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Consultant en cybersécurité » du référentiel Campus Cyber.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Appliquer les normes & standards de la SSI — niveau 3, confirmé
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 3, confirmé
- Analyser et synthétiser — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 3, confirmé
- Gérer les situations stressantes — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Fédérer ses interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Adapter sa communication aux différents interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Rédiger les documents externes et internes — niveau 3, confirmé
- Restituer les avancées des projets — niveau 3, confirmé
- Intégrer les réseaux professionnels — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché ouvert à l'entrée, sélectif ensuite. Les cabinets recrutent en volume, portés par la vague de mise en conformité NIS 2 et DORA qui alimente les carnets de commandes. Mais la pression de l'automatisation sur les prestations standardisées se fera sentir : le nombre de consultants juniors par mission tend à diminuer. Voie d'entrée toujours valable, à condition de s'en servir comme d'un tremplin.
15Auditeur sécurité / ISO 27001
Vérifier que ce qui est écrit est réellement fait
L'auditeur évalue la conformité d'une organisation à un référentiel : norme ISO 27001, exigences sectorielles, politique interne, obligations réglementaires. Il examine les preuves, interroge les équipes, constate les écarts et rédige des conclusions étayées. Le métier suppose une posture particulière : ni complaisance ni chasse aux sorcières, mais une exigence factuelle. Il se pratique en interne — audit des filiales et des prestataires — ou en externe pour un organisme de certification. C'est aussi l'un des rares métiers de la cybersécurité où l'on rencontre systématiquement la direction générale.
Face à l'intelligence artificielle
Métier partiellement automatisable, mais qui garde un cœur humain. La collecte des preuves, le contrôle continu et la production des matrices de conformité s'automatisent rapidement — c'est déjà une réalité chez les grands acteurs. Ce qui reste : l'entretien, la détection de l'écart entre le discours et la pratique, le jugement sur la matérialité d'une non-conformité. L'auditeur de demain contrôlera aussi les systèmes d'IA eux-mêmes, un domaine où les référentiels se construisent en ce moment.
Rémunération de départ
38 000 à 45 000 € pour un débutant. Les auditeurs certifiés et expérimentés atteignent 55 000 à 70 000 €. Les organismes de certification et les grands cabinets rémunèrent généralement mieux que l'audit interne, avec davantage de déplacements.
Perspectives d'évolution
Vers la responsabilité d'un programme de certification, la fonction de responsable conformité, l'audit interne général, ou le conseil. Passerelle solide vers les fonctions de responsable sécurité, la connaissance des référentiels étant un atout majeur pour ce poste.
Compétences à acquérir
Maîtrise approfondie d'ISO 27001 et 27002, et de la logique de système de management. Techniques d'audit. Compréhension technique suffisante pour ne pas se faire raconter n'importe quoi. Certifications : auditeur ou responsable d'audit ISO 27001, qui sont quasiment des prérequis, éventuellement complétées par CISA. Qualités personnelles : indépendance d'esprit, précision, et capacité à formuler un constat désagréable sans braquer l'audité.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Auditeur de sécurité organisationnelle » du référentiel Campus Cyber.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Analyser les risques cyber — niveau 4, expert
- Intégrer les enjeux métiers — niveau 4, expert
- Analyser et synthétiser — niveau 4, expert
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 4, expert
- Adapter sa communication aux différents interlocuteurs — niveau 4, expert
- Mettre en place une politique de cybersécurité — niveau 3, confirmé
- Appliquer les normes & standards de la SSI — niveau 3, confirmé
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Gérer les situations stressantes — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Manager une équipe — niveau 3, confirmé
- Fédérer ses interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Rédiger les documents externes et internes — niveau 3, confirmé
- Restituer les avancées des projets — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché en croissance nette. La certification ISO 27001 devient un critère commercial dans de nombreux appels d'offres, et les exigences NIS 2 sur la chaîne d'approvisionnement multiplient les audits de prestataires. Les organismes de certification recrutent. Bon choix pour une reconversion venant de la qualité, de l'audit financier ou du contrôle interne.
16Expert GRC — Risques et conformité
Traduire la sécurité en décisions de direction
Le profil GRC (gouvernance, risques, conformité) construit et fait vivre le cadre de sécurité de l'organisation : politiques, analyse des risques, plan de traitement, indicateurs, suivi de la conformité réglementaire. Son interlocuteur naturel est la direction, et son travail consiste largement à traduire des enjeux techniques en termes d'impact sur l'activité pour permettre des arbitrages. C'est le métier qui répond à la question « quel niveau de risque acceptons-nous, et à quel coût ? ». Il suppose une bonne compréhension technique sans exiger d'expertise pointue.
Face à l'intelligence artificielle
Métier en tension entre automatisation et montée en valeur. La production documentaire et le suivi de conformité s'automatisent. Mais deux facteurs jouent fortement en faveur du métier : l'inflation réglementaire européenne, et l'émergence de la gouvernance de l'IA elle-même. Le règlement européen sur l'intelligence artificielle crée un besoin entièrement nouveau d'analyse de risque et de conformité pour les systèmes d'IA. Les profils qui se positionnent sur cette intersection seront très demandés.
Rémunération de départ
38 000 à 45 000 € à l'entrée. Progression solide : 55 000 à 75 000 € pour un profil confirmé, davantage dans le secteur financier où la fonction est structurée depuis longtemps et bien valorisée.
Perspectives d'évolution
Vers le pilotage de la gouvernance sécurité d'un groupe, la fonction de responsable sécurité — c'est l'une des voies d'accès principales —, la direction des risques, ou la spécialisation sur la conformité d'un secteur régulé. La gouvernance de l'IA constitue une spécialisation émergente à fort potentiel.
Compétences à acquérir
Méthodes d'analyse de risque, notamment EBIOS Risk Manager en France. Normes ISO 27001 et 27005. Connaissance des textes : RGPD, NIS 2, DORA pour la finance, et désormais le règlement européen sur l'IA. Capacité à écrire pour des dirigeants : synthétique, chiffré, orienté décision. Compréhension des métiers de l'entreprise. Une culture technique suffisante pour dialoguer avec les équipes opérationnelles sans se faire manœuvrer.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Coordinateur sécurité » du référentiel Campus Cyber. À consulter également : RSSI.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Analyser les risques cyber — niveau 4, expert
- Mettre en place une politique de cybersécurité — niveau 4, expert
- Sécuriser les réseaux — niveau 3, confirmé
- Réaliser des audits techniques de sécurité — niveau 3, confirmé
- Appliquer les normes & standards de la SSI — niveau 3, confirmé
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 3, confirmé
- Superviser la sécurité du SI — niveau 3, confirmé
- Analyser le SI après incident — niveau 3, confirmé
- Intégrer les enjeux métiers — niveau 3, confirmé
- Analyser et synthétiser — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 3, confirmé
- Gérer les situations stressantes — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Manager une équipe — niveau 3, confirmé
- Fédérer ses interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Adapter sa communication aux différents interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Restituer les avancées des projets — niveau 3, confirmé
- Intégrer les réseaux professionnels — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché très porteur, l'un des plus dynamiques actuellement. La mise en conformité NIS 2 concerne des milliers d'entités françaises et se répercute sur leurs fournisseurs. DORA structure le secteur financier. Le règlement sur l'IA ouvre un champ neuf. Les recrutements suivent, y compris pour des profils en reconversion venant du juridique, de l'audit ou de la qualité.
17DPO / Protection des données
Le métier à la croisée du droit et de la technique
Le délégué à la protection des données veille à la conformité de l'organisation au RGPD : registre des traitements, analyses d'impact, gestion des demandes d'exercice de droits, notification des violations, sensibilisation, relation avec la CNIL. La fonction est prévue par le règlement lui-même, avec des garanties d'indépendance. Elle est obligatoire dans certains cas et fortement recommandée dans les autres. Le poste est autant juridique que technique, ce qui en fait un point d'entrée intéressant pour des profils venant du droit. Il s'exerce en interne ou en tant que DPO externalisé mutualisé sur plusieurs structures.
Face à l'intelligence artificielle
Métier en forte expansion, directement porté par l'IA. Chaque déploiement de système d'IA soulève des questions de base légale, de minimisation, de transparence et de décision automatisée. Le règlement européen sur l'IA s'articule avec le RGPD et crée un besoin de compétence combinée que peu de professionnels possèdent aujourd'hui. C'est probablement l'un des métiers de cette liste dont la demande va croître le plus vite.
Rémunération de départ
40 000 à 50 000 € pour un débutant, avec une forte variabilité selon le profil d'origine — les juristes expérimentés qui se reconvertissent démarrent plus haut. Un DPO confirmé en grande organisation se situe entre 60 000 et 90 000 €. Le DPO externalisé indépendant peut bien vivre en mutualisant plusieurs clients.
Perspectives d'évolution
Vers la direction de la conformité, la spécialisation sur la gouvernance de l'IA, le conseil, ou l'exercice indépendant. Passerelles vers les fonctions juridiques et vers la gouvernance sécurité. La combinaison DPO plus expertise IA est aujourd'hui rare et très recherchée.
Compétences à acquérir
Maîtrise du RGPD et de la doctrine de la CNIL. Compréhension technique des traitements, des flux de données et des mesures de sécurité — un DPO purement juriste est vite limité. Méthodologie d'analyse d'impact. Capacité de dialogue avec les métiers, l'informatique et la direction. Certifications : les parcours de certification DPO reconnus par la CNIL, éventuellement complétés par le CIPP/E européen.
Profil de compétences officiel
Ce métier ne figure pas tel quel dans le référentiel Campus Cyber. Le profil le plus proche est « Coordinateur sécurité ». À consulter également : Consultant en cybersécurité.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Analyser les risques cyber — niveau 4, expert
- Mettre en place une politique de cybersécurité — niveau 4, expert
- Sécuriser les réseaux — niveau 3, confirmé
- Réaliser des audits techniques de sécurité — niveau 3, confirmé
- Appliquer les normes & standards de la SSI — niveau 3, confirmé
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 3, confirmé
- Superviser la sécurité du SI — niveau 3, confirmé
- Analyser le SI après incident — niveau 3, confirmé
- Intégrer les enjeux métiers — niveau 3, confirmé
- Analyser et synthétiser — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 3, confirmé
- Gérer les situations stressantes — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Manager une équipe — niveau 3, confirmé
- Fédérer ses interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Adapter sa communication aux différents interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Restituer les avancées des projets — niveau 3, confirmé
- Intégrer les réseaux professionnels — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché solide et en croissance. Des dizaines de milliers d'organisations ont désigné un DPO en France, et beaucoup de petites structures recourent à des DPO mutualisés. Les sanctions de la CNIL et l'arrivée du règlement sur l'IA maintiennent la pression. Excellente voie de reconversion pour des profils juridiques, à condition d'acquérir le socle technique.
18Expert gestion de crise cyber
Organiser le sang-froid quand tout s'effondre
L'expert en gestion de crise prépare l'organisation à affronter un incident majeur : dispositif de cellule de crise, chaînes de décision, procédures dégradées, plans de communication, exercices de simulation. Puis, le moment venu, il anime la cellule et fait tenir la structure. C'est un métier de méthode et de tempérament plus que de technique : la difficulté d'une crise cyber n'est presque jamais technique, elle est organisationnelle et humaine — décisions à prendre sans information fiable, dirigeants sous pression, communication à assurer alors qu'on ne sait pas encore. Le volet préparation, notamment les exercices, occupe l'essentiel du temps hors crise.
Face à l'intelligence artificielle
Métier très peu exposé. Animer une cellule de crise, gérer des personnalités sous stress, arbitrer entre des impératifs contradictoires avec une information partielle : rien de tout cela ne s'automatise. L'IA peut assister la production de scénarios d'exercice et le suivi de main courante. Elle crée par ailleurs de nouveaux types de crises — désinformation, usurpation par contenu synthétique, incident sur un système d'IA critique — qui élargissent le champ du métier.
Rémunération de départ
Rarement un premier poste. On y accède après plusieurs années en réponse à incident, en conseil ou en continuité d'activité. À l'entrée sur la fonction, 50 000 à 65 000 € ; les profils confirmés dépassent 80 000 €, en particulier en conseil et dans les grands groupes.
Perspectives d'évolution
Vers la direction de la résilience opérationnelle, la continuité d'activité au sens large, la fonction de responsable sécurité, ou le conseil spécialisé. La demande d'exercices et d'accompagnement de crise est forte et alimente une activité de conseil rentable.
Compétences à acquérir
Méthodologie de gestion de crise et de continuité d'activité. Conception et animation d'exercices de simulation. Communication de crise. Compréhension technique des scénarios d'attaque, notamment le rançongiciel. Connaissance des obligations de notification. Qualités personnelles décisives : calme, autorité naturelle, capacité à structurer le désordre et à dire non à un dirigeant qui veut agir trop vite.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Gestionnaire de crise de cybersécurité » du référentiel Campus Cyber.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Analyser les risques cyber — niveau 4, expert
- Intégrer les enjeux métiers — niveau 4, expert
- Analyser et synthétiser — niveau 4, expert
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 4, expert
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 4, expert
- Gérer les situations stressantes — niveau 4, expert
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 4, expert
- Manager une équipe — niveau 4, expert
- Fédérer ses interlocuteurs — niveau 4, expert
- Adapter sa communication aux différents interlocuteurs — niveau 4, expert
- Rédiger les documents externes et internes — niveau 4, expert
- Restituer les avancées des projets — niveau 4, expert
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 4, expert
- Construire la stratégie cybersécurité de l’organisation — niveau 3, confirmé
- Adopter une approche innovante — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché de niche à forte valeur. Peu de postes exclusivement dédiés en dehors des grandes organisations, mais une forte demande en conseil et en formation. Les obligations réglementaires — tests de résilience opérationnelle dans le secteur financier, exigences NIS 2 sur la continuité — professionnalisent le domaine et créent des postes.
19Chef de projet cybersécurité
Faire aboutir ce que les autres conçoivent
Le chef de projet cybersécurité pilote le déploiement des dispositifs de sécurité : choix de solution, planification, coordination des équipes internes et des prestataires, budget, conduite du changement, suivi des délais. Il n'est pas nécessairement l'expert technique du sujet, mais il doit le comprendre suffisamment pour arbitrer et détecter les difficultés. Beaucoup de projets de sécurité échouent non par insuffisance technique mais par défaut d'adhésion des utilisateurs et des équipes informatiques : c'est précisément là que se joue la valeur du poste. C'est une bonne voie d'entrée pour des chefs de projet informatiques souhaitant se spécialiser.
Face à l'intelligence artificielle
Métier stable. La coordination humaine, la négociation des priorités et la gestion des résistances ne s'automatisent pas. L'IA allège la production documentaire et le suivi administratif. Le volume de projets à mener est en forte hausse sous l'effet des programmes de mise en conformité, ce qui soutient directement la demande.
Rémunération de départ
40 000 à 48 000 € pour un profil junior disposant déjà d'une expérience de gestion de projet. Progression vers 55 000 à 75 000 € selon la taille des programmes pilotés. Les profils capables de mener des programmes de mise en conformité complets sont bien valorisés.
Perspectives d'évolution
Vers la direction de programme, le pilotage du portefeuille de projets sécurité, la fonction de responsable sécurité, ou le conseil. La connaissance transversale acquise sur plusieurs projets constitue une excellente préparation aux fonctions de responsabilité.
Compétences à acquérir
Méthodes de gestion de projet, classiques et agiles. Culture cybersécurité solide, même sans expertise pointue. Gestion budgétaire et relation fournisseurs. Conduite du changement, qui est le vrai différenciateur. Certifications de gestion de projet, complétées par une certification sécurité généraliste. Aptitude à traduire entre les mondes technique, métier et direction.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Responsable de projet de sécurité » du référentiel Campus Cyber. À consulter également : Directeur de programme de sécurité.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Analyser les risques cyber — niveau 3, confirmé
- Intégrer les enjeux métiers — niveau 3, confirmé
- Analyser et synthétiser — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Manager une équipe — niveau 3, confirmé
- Fédérer ses interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Adapter sa communication aux différents interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Restituer les avancées des projets — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché ouvert et régulier. Les programmes de mise en conformité NIS 2 et de modernisation des dispositifs de sécurité génèrent un besoin important de pilotage. Voie de reconversion accessible pour des chefs de projet informatiques expérimentés, avec un effort de montée en compétence sur le domaine plutôt que sur la technique pure.
20Formateur / Sensibilisation cybersécurité
Le levier le plus rentable, et le plus mal exploité
Le formateur conçoit et anime les actions de sensibilisation et de formation : sessions pour les salariés, parcours en ligne, campagnes de faux hameçonnage, formation technique de spécialistes, intervention auprès de dirigeants. Le métier souffre d'une réputation injuste : bien fait, il produit le meilleur retour sur investissement de toute la cybersécurité, car la vigilance humaine détecte des attaques qu'aucun outil ne voit. Mal fait, il produit un module annuel que tout le monde clique sans lire. La différence tient à la capacité de rendre le sujet concret, situé, et non culpabilisant.
Face à l'intelligence artificielle
Métier ambivalent, mais globalement porteur. L'IA produit facilement des supports et des contenus de formation générique : cette partie perd de la valeur. En revanche, l'IA rend les attaques par ingénierie sociale beaucoup plus crédibles — voix clonée, vidéo synthétique, messages personnalisés impeccables — ce qui augmente considérablement le besoin de sensibilisation, et déplace son contenu. Former à reconnaître un appel dont la voix est celle du dirigeant devient un sujet neuf.
Rémunération de départ
35 000 à 45 000 € en poste salarié. Le formateur indépendant expérimenté facture entre 800 et 1 800 € la journée selon le public et la technicité, ce qui rend le statut indépendant attractif après quelques années et un réseau constitué.
Perspectives d'évolution
Vers la responsabilité d'un programme de culture sécurité à l'échelle d'un groupe, la création de contenus pédagogiques, l'enseignement supérieur, ou l'exercice indépendant. Passerelle vers la communication interne et vers la gestion du changement.
Compétences à acquérir
Solide culture cybersécurité, actualisée en permanence. Compétences pédagogiques réelles : construction d'un parcours, adaptation au public, animation. Aisance à l'oral devant des publics variés, du technicien au dirigeant. Capacité à raconter des cas concrets plutôt qu'à énumérer des règles. Pour l'indépendant, compétences commerciales indispensables.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Formateur en cybersécurité » du référentiel Campus Cyber.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Intégrer les enjeux métiers — niveau 3, confirmé
- Analyser et synthétiser — niveau 3, confirmé
- Manager une équipe — niveau 3, confirmé
- Fédérer ses interlocuteurs — niveau 3, confirmé
- Rédiger les documents externes et internes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché en croissance, porté par la réglementation. NIS 2 impose explicitement la formation à l'hygiène cyber, y compris pour les organes de direction — ce dernier point crée un segment nouveau et lucratif. Les organismes de formation recrutent. Bonne voie de reconversion pour des profils venant de la formation ou de la communication, à condition d'acquérir une vraie substance technique.
21RSSI / CISO
La fonction la plus exposée, et la plus mal comprise
Le responsable de la sécurité des systèmes d'information définit et pilote la stratégie de sécurité de l'organisation : gouvernance, budget, équipe, arbitrage des risques, relation avec la direction générale, gestion des crises majeures. Le métier est beaucoup moins technique qu'on ne l'imagine : un RSSI passe l'essentiel de son temps à convaincre, arbitrer, budgéter et rendre compte. Sa difficulté propre est structurelle : il porte une responsabilité forte avec des moyens toujours inférieurs aux besoins, et son succès est invisible tandis que son échec est spectaculaire. Le poste existe sous des formes très différentes selon la taille : dans une PME, le RSSI fait aussi de l'opérationnel ; dans un grand groupe, il dirige une organisation.
Face à l'intelligence artificielle
Fonction renforcée, avec un périmètre qui s'élargit. Aucune automatisation ne remplace la responsabilité et l'arbitrage. En revanche, le périmètre s'étend nettement : gouvernance des usages de l'IA dans l'entreprise, encadrement des agents autonomes, risques liés aux fournisseurs de modèles, conformité au règlement européen sur l'IA. Les RSSI qui s'approprient ce sujet maintenant prennent une longueur d'avance considérable ; ceux qui l'ignorent seront contournés.
Rémunération de départ
Jamais un premier poste : comptez huit à quinze ans de parcours préalable. En PME ou ETI, 55 000 à 85 000 €. En grand groupe, 90 000 à 150 000 €, avec part variable. Le RSSI à temps partagé, mutualisé sur plusieurs PME, est un statut qui se développe et convient bien à des profils expérimentés souhaitant plus de liberté.
Perspectives d'évolution
Vers la direction sécurité d'un groupe international, la direction des risques, la direction des systèmes d'information, ou l'administration d'entreprise en tant qu'expert. Certains basculent vers le conseil de direction ou l'exercice à temps partagé. La fonction est de plus en plus rattachée à la direction générale, ce qui en renforce le poids.
Compétences à acquérir
Culture technique large mais surtout compétences de dirigeant : construire un budget, défendre un dossier en comité de direction, encadrer une équipe, négocier avec des fournisseurs. Maîtrise de la gouvernance et de l'analyse de risque. Connaissance du cadre réglementaire applicable au secteur. Gestion de crise. Certifications : CISSP, CISM sont les plus reconnues. Et une qualité indispensable : la capacité à dire non et à assumer un désaccord avec une direction.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « RSSI » du référentiel Campus Cyber. À consulter également : Directeur Cybersécurité.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Analyser les risques cyber — niveau 4, expert
- Mettre en place une politique de cybersécurité — niveau 4, expert
- Appliquer les normes & standards de la SSI — niveau 4, expert
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 4, expert
- Superviser la sécurité du SI — niveau 4, expert
- Intégrer les enjeux métiers — niveau 4, expert
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 4, expert
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 4, expert
- Gérer les situations stressantes — niveau 4, expert
- Manager une équipe — niveau 4, expert
- Fédérer ses interlocuteurs — niveau 4, expert
- Adapter sa communication aux différents interlocuteurs — niveau 4, expert
- Définir l’architecture des systèmes d'information — niveau 3, confirmé
- Sécuriser les réseaux — niveau 3, confirmé
- Réaliser des audits techniques de sécurité — niveau 3, confirmé
- Intégrer les aspects juridiques de la cybersécurité — niveau 3, confirmé
- Construire la stratégie cybersécurité de l’organisation — niveau 3, confirmé
- Analyser le SI après incident — niveau 3, confirmé
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 3, confirmé
- Analyser et synthétiser — niveau 3, confirmé
- Adopter une approche innovante — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Rédiger les documents externes et internes — niveau 3, confirmé
- Restituer les avancées des projets — niveau 3, confirmé
- Intégrer les réseaux professionnels — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché très tendu. NIS 2 impose à des milliers d'entités françaises de structurer leur gouvernance sécurité, avec une responsabilité explicite des organes de direction. Les ETI et les PME concernées cherchent des RSSI et n'en trouvent pas en nombre suffisant. Le RSSI à temps partagé se développe pour répondre à ce besoin des structures qui ne peuvent pas financer un poste complet. Perspective durablement favorable.
3 métiers
Domaines spécialisés
Industrie, embarqué, recherche : des niches où les compétences sont rares et les perspectives excellentes.
22Expert sécurité industrielle OT/ICS
Là où une attaque peut blesser quelqu'un
L'expert en sécurité des systèmes industriels protège les équipements qui pilotent la production : automates, supervision, capteurs, chaînes de fabrication, réseaux d'énergie, traitement de l'eau. Le domaine obéit à des règles différentes de l'informatique de gestion : la disponibilité prime sur la confidentialité, les équipements ont des durées de vie de vingt ans, on ne redémarre pas une ligne de production pour appliquer un correctif, et une erreur peut avoir des conséquences physiques. Le métier suppose donc de composer avec l'existant plutôt que d'imposer les standards de l'informatique classique, et de dialoguer avec des automaticiens qui ont leur propre culture.
Face à l'intelligence artificielle
Métier très solide, peu exposé. La rareté des compétences, la spécificité des environnements et l'enjeu de sécurité physique protègent le métier. L'IA apporte de la détection d'anomalies sur des processus industriels, ce qui est utile mais ne remplace pas la connaissance du procédé. Facteur d'accélération : la convergence entre informatique de gestion et informatique industrielle, et l'arrivée massive de capteurs connectés dans les usines.
Rémunération de départ
40 000 à 48 000 € à l'entrée, davantage pour un profil venant de l'automatisme qui se reconvertit — la double culture est rare et précieuse. Les profils confirmés atteignent 60 000 à 80 000 €, avec des postes concentrés autour des bassins industriels.
Perspectives d'évolution
Vers l'architecture de sécurité industrielle, la responsabilité sécurité d'un site ou d'un groupe industriel, le conseil spécialisé, ou l'expertise sur les infrastructures critiques. Les profils capables de parler aux deux mondes — automatisme et cybersécurité — accèdent rapidement à des fonctions de référent.
Compétences à acquérir
Connaissance des automates, des protocoles industriels et des architectures de supervision. Norme IEC 62443, référence du domaine. Compréhension des contraintes de production et de sûreté de fonctionnement. Bases classiques en réseaux et systèmes. Guides de l'ANSSI sur les systèmes industriels. Une qualité indispensable : le respect du travail des équipes de production, faute de quoi rien ne passera.
Profil de compétences officiel
Ce métier ne figure pas tel quel dans le référentiel Campus Cyber. Le profil le plus proche est « Spécialiste sécurité (dans un domaine technique) ».
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 4, expert
- Maîtriser les menaces et vulnérabilités — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché en tension forte, offre insuffisante. NIS 2 étend son périmètre à de nombreux secteurs industriels — énergie, eau, agroalimentaire, transport, fabrication — qui découvrent l'obligation de sécuriser leur informatique industrielle. Les compétences n'existent pas en nombre suffisant. C'est l'un des créneaux où le rapport de force est le plus favorable aux candidats, et pour longtemps.
23Expert cybersécurité automobile / IoT
Sécuriser des objets qu'on ne peut pas mettre à jour facilement
L'expert en sécurité des systèmes embarqués protège les objets connectés et les véhicules : calculateurs, communications sans fil, mises à jour à distance, chaînes d'approvisionnement de composants. Les contraintes sont spécifiques : ressources limitées, cycles de vie longs, impossibilité de patcher facilement un parc déployé, et pour l'automobile un cadre réglementaire strict avec les règlements internationaux imposant un système de management de la cybersécurité à tout constructeur. Le domaine couvre aussi les objets domestiques et industriels connectés, où le règlement européen sur la cyberrésilience va imposer des exigences de sécurité par conception.
Face à l'intelligence artificielle
Métier en forte croissance. La multiplication des véhicules connectés et autonomes, qui embarquent eux-mêmes des systèmes d'IA, crée un besoin considérable. Sécuriser une IA de conduite, ses données d'entraînement et ses capteurs constitue un domaine largement neuf. Par ailleurs, le règlement européen sur la cyberrésilience va rendre obligatoire la sécurité des produits connectés vendus en Europe, ce qui va mécaniquement créer des postes chez tous les fabricants.
Rémunération de départ
42 000 à 50 000 € à l'entrée pour un profil disposant de bases en embarqué. Les compétences sont rares et la demande industrielle est forte. Profils confirmés entre 60 000 et 85 000 €, concentrés autour des bassins automobiles et industriels.
Perspectives d'évolution
Vers l'architecture de sécurité produit, la responsabilité de la conformité réglementaire d'une gamme, la recherche de vulnérabilités sur systèmes embarqués, ou le conseil auprès des équipementiers. Le champ de la conformité au règlement sur la cyberrésilience va créer des fonctions dédiées.
Compétences à acquérir
Systèmes embarqués, électronique numérique, programmation en C. Protocoles de communication véhicule et objets connectés. Analyse de firmware et rétro-ingénierie matérielle. Cryptographie appliquée aux environnements contraints. Normes : les règlements internationaux automobiles et la norme ISO/SAE 21434, le règlement européen sur la cyberrésilience pour les objets connectés. Profil idéal : ingénieur embarqué qui se spécialise en sécurité.
Profil de compétences officiel
Ce métier ne figure pas tel quel dans le référentiel Campus Cyber. Le profil le plus proche est « Évaluateur de la sécurité des technologies de l’information ». À consulter également : Spécialiste sécurité (dans un domaine technique).
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 4, expert
- Appliquer les normes & standards de la SSI — niveau 3, confirmé
- Analyser et synthétiser — niveau 3, confirmé
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 3, confirmé
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Rédiger les documents externes et internes — niveau 3, confirmé
- Prioriser ses actions selon les contraintes — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché de niche en croissance rapide. Constructeurs, équipementiers et fabricants d'objets connectés recrutent, avec une concentration géographique marquée. L'entrée en application progressive du règlement européen sur la cyberrésilience va provoquer une vague de recrutements chez tous les fabricants européens de produits comportant des éléments numériques.
24Chercheur en cybersécurité / IA
Travailler sur les problèmes qui n'ont pas encore de solution
Le chercheur en cybersécurité travaille sur des questions non résolues : nouvelles classes de vulnérabilités, cryptographie résistante aux ordinateurs quantiques, sécurité des systèmes d'apprentissage automatique, méthodes formelles de vérification, protection de la vie privée. L'exercice se fait en laboratoire public, en centre de recherche d'entreprise, ou dans les équipes de recherche des éditeurs de sécurité. Le métier suppose un doctorat dans la plupart des cas, une capacité à publier, et l'acceptation d'un rythme où l'essentiel des pistes explorées n'aboutit pas. La contrepartie est une liberté intellectuelle qu'aucun poste opérationnel n'offre.
Face à l'intelligence artificielle
Métier au cœur du sujet, en très forte expansion. La sécurité de l'IA est aujourd'hui l'un des champs de recherche les plus actifs et les moins pourvus : attaques adverses, extraction de modèles, empoisonnement de données d'entraînement, alignement et sûreté des systèmes autonomes, détection de contenus synthétiques. Un chercheur qui se positionne à l'intersection cybersécurité et IA se trouve sur l'un des créneaux les plus demandés du moment, y compris hors du monde académique.
Rémunération de départ
40 000 à 50 000 € après doctorat dans le secteur privé ; sensiblement moins dans le public en début de carrière, où les grilles s'appliquent. Les laboratoires de recherche d'entreprises technologiques et les éditeurs de sécurité rémunèrent nettement mieux, et les profils spécialisés en sécurité de l'IA peuvent négocier bien au-delà.
Perspectives d'évolution
Vers la direction d'une équipe de recherche, la création d'une jeune entreprise à partir de travaux — voie fréquente et bien soutenue en France —, l'expertise auprès des pouvoirs publics et des instances de normalisation, ou la bascule vers des fonctions d'architecte ou de directeur technique.
Compétences à acquérir
Doctorat ou parcours équivalent dans la plupart des cas. Solides bases mathématiques, particulièrement en cryptographie et en apprentissage automatique. Capacité à lire, produire et évaluer des publications scientifiques. Programmation. Anglais scientifique courant, sans discussion possible. Autonomie et tolérance à l'échec répété.
Profil de compétences officiel
Ce métier correspond à l'intitulé « Chercheur en sécurité des systèmes d’information » du référentiel Campus Cyber.
Compétences attendues au plus haut niveau :
- Réaliser une veille en cybersécurité — niveau 4, expert
- Analyser et synthétiser — niveau 4, expert
- Communiquer par écrit et à l'oral en interne et en externe en Français et en langues étrangères — niveau 4, expert
- Agir avec rigueur et éthique — niveau 4, expert
- Adopter une approche innovante — niveau 4, expert
- Collaborer au sein d’une équipe — niveau 3, confirmé
- Intégrer les réseaux professionnels — niveau 3, confirmé
État du marché de l'emploi
Marché restreint mais très favorable sur certains créneaux. Les postes académiques restent limités, mais la recherche privée en sécurité de l'IA recrute activement, en France comme à l'international. Les financements publics sur la cybersécurité et l'IA sont substantiels. C'est un métier de vocation, pas un choix par défaut — mais pour qui a le profil, le moment est particulièrement favorable.
Ce qui vaut pour tous
L'intelligence artificielle rebat les cartes, elle ne les supprime pas
Trois mouvements de fond traversent l'ensemble des métiers présentés sur cette page.
Le premier niveau se contracte. Le tri d'alertes, la production de documents standardisés, la première passe d'analyse : tout ce qui est répétitif et cadré s'automatise vite. Les postes juniors dont la valeur ajoutée reposait sur l'exécution vont se raréfier. Ce n'est pas une raison pour renoncer, c'est une raison pour ne pas s'y installer : considérez le premier poste comme une école, pas comme une destination.
Le jugement prend de la valeur. Décider sous incertitude, arbitrer entre des contraintes contradictoires, comprendre le contexte politique d'une organisation, convaincre un dirigeant : rien de tout cela ne s'automatise. Les métiers qui reposent sur ces compétences — architecture, gouvernance, gestion de crise, réponse à incident — sont les mieux protégés.
Un champ entièrement neuf s'ouvre. Sécuriser les systèmes d'IA eux-mêmes est un domaine où presque personne n'est compétent aujourd'hui : attaques par manipulation d'entrée, empoisonnement de données d'entraînement, extraction de modèle, identité et traçabilité des agents autonomes, conformité au règlement européen sur l'IA. Se positionner sur cette intersection maintenant est probablement le meilleur pari de carrière du moment, quel que soit le métier de départ.
Le contexte réglementaire joue en votre faveur
La directive NIS 2 étend les obligations de cybersécurité à des milliers d'entités françaises et, par ricochet, à leurs fournisseurs. DORA structure le secteur financier. Le règlement sur la cyberrésilience imposera la sécurité des produits connectés. Le règlement européen sur l'IA crée un besoin neuf de gouvernance. Chacun de ces textes se traduit mécaniquement par des recrutements. C'est une conjoncture historiquement favorable pour entrer dans le secteur.
Se lancer
Par où commencer, selon votre situation
Vous êtes en études
Visez d'abord les fondamentaux : systèmes, réseaux, développement. Les écoles d'ingénieurs et les cursus universitaires spécialisés forment bien. L'alternance est la voie la plus efficace : elle règle le problème de l'expérience initiale, qui est le principal obstacle. Pratiquez en parallèle sur les plateformes d'entraînement et participez à des concours techniques : c'est ce que les recruteurs regardent.
Vous êtes en reconversion
Votre parcours antérieur est un atout, pas un handicap. Un juriste devient un excellent DPO, un auditeur financier un très bon auditeur ISO 27001, un automaticien un expert industriel rare, un administrateur système un spécialiste des identités. Cherchez le métier qui valorise ce que vous savez déjà plutôt que celui qui vous impose de tout réapprendre.
Vous hésitez encore
Commencez par un poste exposé à la diversité : analyste SOC, gestion des vulnérabilités, ou conseil. Vous verrez en dix-huit mois ce qui vous convient, avec un coût d'erreur faible. Fuyez la spécialisation prématurée : personne ne sait à vingt-deux ans s'il préfère la réponse à incident ou la gouvernance.
Se former sans dépenser une fortune
- SecNumacadémie — le MOOC gratuit de l'ANSSI, le point de départ le plus simple pour valider son intérêt pour le domaine.
- ANSSI — guides techniques, référentiels et publications de référence, tous gratuits.
- Campus Cyber et Campus de Nouvelle-Aquitaine — orientation, événements, mise en relation avec les acteurs de la filière.
- Cybermalveillance.gouv.fr — pour comprendre les menaces réelles telles qu'elles se présentent aux organisations.
- Les plateformes d'entraînement en ligne et les concours de type CTF, dont les niveaux débutants sont souvent gratuits, constituent le meilleur moyen de se constituer un portefeuille de pratique.
Vous êtes en réflexion sur une orientation ou une reconversion dans la cybersécurité, et vous vivez dans le Libournais ? Écrivez-nous. Nous ne recrutons pas et nous ne vendons pas de formation : nous répondons simplement à vos questions, gratuitement.
Les fourchettes de rémunération et les appréciations de marché reflètent l'état du secteur tel que nous l'observons et comportent une part de jugement. Elles évoluent vite. Recoupez-les avec les enquêtes annuelles des cabinets de recrutement spécialisés, les offres réellement publiées et les échanges avec des professionnels en poste. Cette page est mise à jour périodiquement.