Une obligation de sécurité (article 32)
L'article 32 du RGPD impose au responsable de traitement de mettre en œuvre des mesures techniques et organisationnelles appropriées afin de garantir un niveau de sécurité adapté au risque. Le texte cite explicitement, selon les besoins, la pseudonymisation et le chiffrement, la capacité à garantir la confidentialité, l'intégrité, la disponibilité et la résilience des systèmes, la capacité à rétablir la disponibilité des données en cas d'incident physique ou technique, et une procédure de test et d'évaluation régulière de l'efficacité des mesures.
Retenez ce point : l'absence de sauvegarde exploitable n'est pas seulement une imprudence de gestion, c'est un manquement possible à l'article 32, puisque le texte vise expressément la capacité de rétablissement.
Une obligation de notification sous 72 heures (article 33)
En cas de violation de données à caractère personnel, le responsable de traitement doit la notifier à la CNIL dans les meilleurs délais et, si possible, 72 heures au plus tard après en avoir pris connaissance, à moins que la violation ne soit pas susceptible d'engendrer un risque pour les droits et libertés des personnes. Au-delà de 72 heures, la notification doit être motivée.
Cette obligation vaut aussi bien pour un vol de données que pour un chiffrement par rançongiciel, dès lors que des données personnelles sont concernées : la perte de disponibilité est une violation au sens du règlement, au même titre que la divulgation.
Une obligation d'information des personnes (article 34)
Lorsque la violation est susceptible d'engendrer un risque élevé pour les droits et libertés des personnes, celles-ci doivent en être informées dans les meilleurs délais. Concrètement : vos clients, vos salariés, éventuellement vos contacts chez vos fournisseurs.
C'est souvent le moment le plus difficile pour un dirigeant de petite entreprise, parce qu'il est public et qu'il engage la relation commerciale. C'est aussi le moment où la façon dont vous avez préparé les choses se voit.
Le registre des violations
L'article 33 impose également de documenter toute violation, y compris celles qui ne sont pas notifiées, en indiquant les faits, leurs effets et les mesures prises. Ce registre doit pouvoir être présenté à la CNIL. Beaucoup de petites structures l'ignorent : c'est un document simple à tenir, et son absence est immédiatement visible en cas de contrôle.